MANOLETE

Aux premières heures de la matinée du 5 juillet 1917, au n° 2 de la rue Torres-Cabrera, à Cordoue, vint au monde un enfant qui fut baptisé le 9 sous le nom de Manuel Laureano.

Le père mourut le 4 mars 1923, laissant sa famille dans une situation assez précaire.

Manuel Rodriguez Sanchez – le futur MANOLETE – attiré par la tauromachie torée sa première becerra en 1929. En 1930, dans la propriété de Florentino Sotomayor, il fut blessé à la cuisse et Martial Lalanda qui assistait à cette tienta le pansa et le ramena à Cordoue. La même année il estoque sa 1ère becerra.

En 1933, il fait partie de la banda mexico-taurine “Los Califas”, il torée et tue en deux occasions à Barcelone. En

1934, avec Las Califes Manolo parcourt les principales cités taurines d’Espagne et de France, notamment Arles (le 2 juin) et Nîmes (3 juin).

C’est vêtu du costume de lumières qu’il fait sa présentation à Cordoue fin août 1934 en becerrada. Les 3 et 31 mai 1936 il torée dans sa ville natale et révèle des qualités de muletero efficace et émouvant, son style avec l’épée est si apprécié que l’ancien matador José Flores Gonzalez “CAMARA” qui voit en lui une possible “figura” de la tauromachie lui propose ses services.

Le 15 juin, il torée à Cordoue des novillos de Garcia Pedrajas en compagnie d’Enrique Torres et “Cerrajillas” et obtient son premier grand triomphe.

En 1937 il torée dans plusieurs festivals aux cotés de toreros réputés – Juan Belmonte, Gallito, Zurito, Manolo et Pepe Bienvenida, Chicuelo – la presse est unanime à considérer MANOLETE comme un espoir solide. Séville veut le connaître et il se présente dans la célèbre Maestranza le 26 mai 1938 aux cotés de Torito de Triana et Juanito Belmonte face à des novillos de Ortega (ex-Braganza) quand l’année s’achève il est placé parmi les novilleros “punteros”, toréant 15 novilladas uniquement dans des plazas de catégories.

C’est le 2 juillet 1939, à Séville, qu’il reçoit l’alternative des mains de Chicuelo, Gitanillo de Triana étant son témoin. Les toros sont de Clemente Tassara, celui de la cérémonie se nomme “Mirador” et porte le n° 6. Le 12 octobre, c’est Martial LALANDA qui à Madrid, lui confirme cette alternative en même temps que celle de Juanito BELMONTE, les toros sont d’Antonio PEREZ.

MANOLETE avait toréer 36 novilladas avec picadors.

Comme matador, il va en toréer 16 en 1939 ; 50 en 1940 ; 58 en 1941 ; 72 en 1942 ; 75 en 1943 ; 93 en 1944 et 71 en 1945. Le 10 décembre il se présentait à Mexico et y était blessé gravement par son second toro de Torrecilla, il avait coupé l’oreille de son 1er.

En 1946 il ne torée en Espagne que la corrida de bienfaisance du 19 septembre à Madrid mais il fait 5 corridas au pérou et 15 au Mexique.

En 1947, il fait sa réapparition en Espagne le 22 juin à Barcelone. Il devait y toréer en tout 21 corridas. Jusqu’à ce jour fatidique du 28 août ou le toro “Islero” de la ganaderia “Miura” lui ôta la vie. Et comment ne pas évoquer les paroles du Péon Alfredo DAVID, prononcées à Bilbao lors des corridas de férias en 1945 “Si MANOLETE doit trouver la mort devant un toro, ce sera en l’estoquant. Car Manolo les abats toujours à la première estocade, il ne sait pas tuer mal.” Islero fut le 1008ème toro qu’il estoqua.

 

Serge LOUIS